Le Clash 4/5
Une critique de Lya
Aurélien va bientôt partir en Angleterre pour un mois. Avant son départ, son père Nicolas, partage avec lui une randonnée en montagne. C’est l’occasion de raconter à son fils ce qu’il a lui-même vécu en 1978 lors d’un voyage linguistique à Birmingham. Nicolas avait 15 ans et fait ressurgir, pour son fils, l’adolescent qu’il était alors. A Birmingham, Nicolas est hébergé dans une famille d’accueil, chez Tom, un adolescent punk. Nicolas est fasciné par le look de Tom mais surtout par sa liberté de pensée, sa franchise et ses convictions politiques. En se rendant à ses cours d’anglais, Nicolas est racketté par deux skinheads. Il découvre la violence, la rivalité entre camps adverses mais aussi la force d’appartenir à un groupe. Dans cette perte de repères et cet attrait à vivre mille expériences nouvelles, Nicolas ne fait pas les bons choix et se laisse embarquer dans l’envie d’en découdre de Tom.
Un père décide de dévoiler à son fils une part de son passé dont il n’est pas fier. Certaines expériences résonnent comme des mises en garde… Il est tombé dans le piège de la fascination et a participé, sous influence, à des actes auxquels il n’adhère pas. Cette confession invite son fils, sans le dire, à rester fidèle à ce qu’il est, à ses valeurs quand il sera à l’étranger. Le roman alterne entre présent et passé. Les chapitres sont courts, la narration est simple, c’est une lecture facile et percutante. L’auteur donne à voir la société urbaine anglaise de la fin des années 70 avec les mouvements punk et skinhead. La couverture, un graffiti sur des briques en relief et le titre en rouge sang, est intrigante.
A conseiller à partir 13 ans
Benoît Séverac, Syros, 224 pages, 15,95 euros.