Pour commémorer l’armistice de 1918, les collégiens vous transmettent quelques lettres des poilus et vous expliquent leurs choix.

CENTENAIRE DE L ’ARMISTICE

Il y a 100 ans prenait fin la première guerre mondiale.

Pour rendre hommage à ceux qui vécurent la guerre des tranchées et transmettre leur parole, j’ai choisi de vous présenter la lettre de Lazare Silbermann

Lazare Silbermann était à la fois le patron et l’unique employé de sa petite entreprise « Tailleur pour dames ». Avant de partir sur le front comme engagé volontaire parce qu’il veut s’acquitter d’une dette essentielle auprès de son pays d’accueil, Lazare ressent le besoin d’écrire une lettre testament à son épouse Sally, qui comme lui, est réfugiée roumaine, et à ses quatre enfants en bas âge… Lazare survivra à la guerre et mourra dans les années 20 terriblement affaibli par les séquelles de ses combats. Sally sera déportée et exterminée vingt deux ans plus tard.

« Mes chers petits enfants, J’ai une suprême recommandation à vous faire. Aujourd’hui, vous êtes petits ; demain vous serez grands. Prenez en considération ce que je vous écris. Respectez votre maman ; obéissez-lui sans cesse car c’est elle qui a la lourde charge de la mère et du père… Prenez l’exemple de nous. Aimez-vous, soyez loyaux et honnêtes, et vous serez heureux en ayant votre conscience tranquille. C’est à toi, Rosette, ma chère enfant, de donner l’exemple à Ernestine ta petite sœur et à Jean et Charles tes petits frères pour que vous preniez tous le bon chemin. Soyez tous bons enfants. […] Que mes larmes que je verse en faisant cette lettre vous inspire de faire tout ce que je voudrais et que vous deveniez tout ce que je vous souhaite. Gardez précieusement cette lettre ; souvenez-vous de votre malheureux père et suivez ses conseils.

Lazare SILBERMANN

P.-S. : Surtout respectez votre maman. Evitez-lui tout chagrin qu’il pourra lui se présenter. Adoucissez-lui sa vie et faites-lui oublier tout ce qu’il pourra se présenter comme amertume dans la vie »

J’ai choisi cette lettre car à l’exception des autres lettres, celle-ci est adressée aux enfants du soldat. Il leur donne des conseils pour l’avenir car ils ne pourront prendre exemple sur leur père si il meurt. Il leur demande également d’éviter tout chagrin à leur mère pour qu’elle souffre moins. Il pense aux autres avant de penser à lui.

Marie-Jeanne, collège de Perharidy

Centenaire de l’armistice

Il y a 100 ans prenait fin la première guerre mondiale.

Pour rendre hommage à ceux qui vécurent la guerre des tranchées et transmettre leur parole, j’ai choisi de vous présenter la lettre de Jules Grosjean.

Il avait 22 ans quand il a écrit cette lettre. Il était soldat, il a été recruté en 1913, il est mort en 1915.

Octobre 1915

« Je crois n’avoir jamais été aussi sale. Ce n’est pas ici une boue liquide, comme dans l’Argonne. C’est une boue de glaise épaisse et collante dont il est presque impossible de se débarrasser, les hommes se brossent avec des étrilles. (…) Par ces temps de pluie, les terres des tranchées, bouleversées par les obus, s’écroulent un peu partout, et mettent au jour des cadavres, dont rien, hélas, si ce n’est l’odeur, n’indiquait la présence. Partout des ossements et des crânes. Pardonnez-moi de vous donner ces détails macabres ; ils sont encore loin de la réalité. »

J’ai choisi cette lettre, car il dit que la guerre a déshumanisé les soldats. Les généraux les laissent vivre avec des cadavres, des rats, des ossements et des crânes comme si c’était normal. On peut comprendre que même si il a réussi à survivre après la guerre, il a sûrement eu du mal à se réadapter à une vie normale. Il a dû se remémorer sans arrêt les horreurs qu’il a vécues et rester hanté par ses cauchemars.

Malaïka, collège de Perharidy

Centenaire de l’armistice

Il y a 100 ans prenait fin la première guerre mondiale.

Pour rendre hommage à ceux qui vécurent la guerre des tranchées et transmettre leur parole, j’ai choisi de vous présenter la lettre de Henri BOUVARD.

Il avait 38 ans quand il a écrit sa lettre. Il a été tué par ses camarades hors service à la fin de la guerre, le 9 novembre 1918.

3 décembre 1917.

La censure, tu le sais, est impitoyable ici et certains pauvres poilus ont appris à leurs dépens qu’ils ne devaient pas avoir la langue trop longue, ni même recevoir des lettres (qui sont d’ailleurs supprimées) sur lesquelles les parents ont souvent aussi la langue un peu longue. C’est révoltant mais c’est ainsi. Il semblerait qu’une lettre est une chose sacrée, il n’en est rien. Sois donc prudente, ma chérie, et si tu veux que je reçoive toutes tes lettres, ne me parle pas de la guerre. Contente-toi de me parler de notre grand amour, cela vaut beaucoup plus que tout.

Gros bécot,

Henri BOUVARD

J’ai choisi cette lettre car j’ai été touché par les mots de ce soldat quand il dit à sa femme de ne pas parler de la guerre mais seulement de son amour dans ses lettres car il y a la censure. Il a besoin de ce contact avec sa femme, de ses lettres pour tenir et garder le moral. Les derniers mots sont attendrissants car il avoue son amour.

Paul, collège de Perharidy

Centenaire de l’armistice

Il y a 100 ans prenait fin la première guerre mondiale. Gustave Berthier était un instituteur de la région de Chalon-Sur-Saône, il habitait Sousse en Tunisie et a été mobilisé en août 1914. Ce soldat a été tué le 7 juin 1915 à Bully-les-Mines.

Le 28 décembre 1914

Ma bien chère petite Alice

Nous sommes de nouveau en réserve pour quatre jours, au village des Brebis. Le service tel qu’il est organisé maintenant est moins fatiguant. Quatre jours aux tranchées, quatre jours en réserve. Nos quatre jours de tranchées ont été pénibles à cause du froid et il a gelé dur, mais les Boches nous ont bien laissés tranquilles. Le jour de Noël, ils nous ont fait signe et nous ont fait savoir qu’ils voulaient nous parler. C’est moi qui me suis rendu à 3 ou 4 mètres de leur tranchée d’où ils étaient sortis au nombre de 3 pour leur parler.

Je résume la conversation que j’ai dû répéter peut-être deux cents fois depuis à tous les curieux. C’était le jour de Noël, jour de fête, et ils demandaient qu’on ne tire aucun coup de fusil pendant le jour et la nuit, eux-mêmes affirmant qu’ils ne tireraient pas un seul coup. Ils étaient fatigués de faire la guerre, disaient-il, étaient mariés comme moi (ils avaient vu ma bague), n’en voulaient pas aux Français mais aux Anglais. Ils me passèrent un paquet de cigares, une boîte de cigarette bouts dorés, je leur glissai « Le petit Parisien » en échange d’un journal allemand et je rentrai dans la tranchée française où je fus vite dévalisé de mon tabac boche.

Nos voisins d’en face tinrent mieux leur parole que nous. Pas un coup de fusil. On put travailler aux tranchées, aménager les abris comme si on avait été dans la prairie Sainte-Marie. Le lendemain, ils purent s’apercevoir que ce n’était plus Noël, l’artillerie leur envoya quelques obus bien sentis en plein dans leur tranchée.

Nous voilà aux Brebis maintenant. Faillaut a invité hier tous ses chefs de section. J’ai trouvé un lit chez une bonne vieille où je me repose comme une marmotte.

[…] Fais part de mes amitiés à tous. Mes meilleures caresses aux petites, et à toi mes plus affectueux baisers.

Gustave

La raison pour laquelle j’ai choisi cette lettre est que je trouvais ça beau qu’un soldat allemand et qu’un soldat français discutent au beau milieu d’un champ de bataille. L’échange de journaux le jour de Noël est vraiment une très belle métaphore.

Maxime, collège de Perharidy

Centenaire de l’armistice

Il y a 100 ans prenait fin la première guerre mondiale.

Pour rendre hommage à ceux qui vécurent la guerre des tranchées et transmettre leur parole, j’ai choisi de vous présenter la lettre d’Henry Floch.

Comme vingt-quatre autres poilus injustement accusés d’avoir reculé devant l’ennemi, Henry Floch a été jugé ; il sera fusillé avec cinq de ses camarades (Durantet, Blanchard, Gay, Pettelet et Quinault), à Vingré le 4 décembre 1914. Réhabilité le 29 janvier 1921, c’est l’un des six « Martyrs de Vingré ».

Ma bien chère Lucie, Quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé. Voici pourquoi : Le 27 novembre, vers 5 heures du soir, après un violent bombardement de deux heures, dans une tranchée de première ligne, et alors que nous finissions la soupe, des Allemands se sont amenés dans la tranchée, m’ont fait prisonnier avec deux autres camarades. J’ai profité d’un moment de bousculade pour m’échapper des mains des Allemands, J’ai suivi mes camarades, et ensuite, j’ai été accusé d’abandon de poste en présence de l’ennemi. Nous sommes passés vingt-quatre hier soir au Conseil de Guerre. Six ont été condamnés à mort dont moi. Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple. Mon portefeuille te parviendra et ce qu’il y a dedans. Je te fais mes derniers adieux à la hâte, les larmes aux yeux, l’âme en peine. Je te demande à genoux humblement pardon pour toute la peine que je vais te causer et l’embarras dans lequel je vais te mettre. Ma petite Lucie, encore une fois, pardon. Je vais me confesser à l’instant, et espère te revoir dans un monde meilleur. Je meurs innocent du crime d’abandon de poste qui m’est reproché. Si au lieu de m’échapper des Allemands, j’étais resté prisonnier, j’aurais encore la vie sauve. C’est la fatalité. Ma dernière pensée, à toi, jusqu’au bout.

Henry FLOCH

J’ai choisi cette lettre parce qu’elle m’a plu. Elle m’a touché car j’ai ressenti le sentiment de l’injustice. S’il avait été fait prisonnier par les allemands, il aurait eu la vie sauve. Mais il s’est échappé et il a été fusillé à cause de ça ! J’ai découvert que certains soldats avaient été fusillés injustement et qu’il aura fallu plusieurs années pour qu’ils soient réhabilités par l’état français.

Thomas, collège de Perharidy

Centenaire de l’armistice

Il y a 100 ans prenait fin la première guerre mondiale.

Pour rendre hommage à ceux qui vécurent la guerre des tranchées et transmettre leur parole, j’ai choisi de vous présenter la lettre de Pierre.

22 septembre 1916, Verdun : « Ma chère Édith, La vie ici est très dure. Dans les tranchées, l’odeur de la mort règne. Les rats nous envahissent, les parasites nous rongent la peau ; nous vivons dans la boue, elle nous envahit, nous ralentit et arrache nos grolles. Le froid se rajoute à ces supplices. Ce vent glacial qui nous gèle les os, il nous poursuit chaque jour. La nuit, il nous est impossible de dormir. Être prêt, à chaque instant, prêt à attaquer, prêt à tuer. Tuer, ceci est le maître-mot de notre histoire. Ils nous répètent qu’il faut tuer pour survivre, je dirais plutôt vivre pour tuer. C’est comme cela que je vis chaque minute de cet enfer. Sans hygiène. Sans repos. Sans joie. Sans vie. Cela n’est rien comparé au trou morbide où ils nous envoient. Sur le champ de bataille, on ne trouve que des cadavres, des pauvres soldats pourrissant sur la terre imprégnée de sang. Les obus, les mines, détruisent tout sur leur passage. Arbres, maisons, et le peu de végétation qu’il reste. Tout est en ruine. L’odeur des charniers, le bruit des canons, les cris des soldats… L’atmosphère qui règne sur ce champ de carnage terroriserait un gosse pour toute sa vie. Elle nous terrorise déjà. Lundi, je suis monté au front. Ils m’ont touché à la jambe. Je t’écris cette lettre alors que je devrais être aux côtés des autres, à me battre pour ma patrie. Notre patrie, elle ne nous aide pas vraiment. Ils nous envoient massacrer des hommes, alors qu’eux, ils restent assis dans leurs bureaux ; mais en réalité, je suis sur qu’ils sont morts de peur. Ah ! Ce que j’aimerais recevoir une lettre. Cette lettre, celle qu’on attend tous, pouvoir revenir en perme. Ce que j’aimerais te revoir, ma chère épouse ! Retrouver un peu de confort, passer du temps avec notre petit garçon… Est-ce que tout le monde va bien ? Ne pensez pas à toutes ces horreurs. Je ne veux pas que vous subissiez cela par ma faute. Prends bien soin de toi, de notre fils, et de mes parents. Et, même si je ne reviens pas, je veillerai toujours sur toi. Je pense à vous tous les jours, et la seule force qui me permet encore de survivre, c’est de savoir que j’ai une famille qui m’attend, à la maison. J’espère être à vos côtés très prochainement, à bientôt ma belle Édith, je t’aime. Pierre »

J’ai choisi cette lettre car elle explique l’horreur de la guerre, les conditions de vie déplorables comme sentir l’odeur horrible des cadavres, les rats qui viennent ronger les vêtements et la boue qui n’arrange rien, bref cette lettre est touchante et mieux vaut pour tout le monde que ce type de guerre ne se reproduise plus.

Mathis, collège de Perharidy

Centenaire de l’armistice

Il y a 100 ans prenait fin la première guerre mondiale.

Pour rendre hommage à ceux qui vécurent la guerre des tranchées et transmettre leur parole, j’ai choisi de vous présenter la lettre de Maurice MARECHAL.

Il avait 22 ans quand il a écrit cette lettre. Il était soldat 2°classe et violoncelliste dans le civil. Après la Guerre, il est devenu un des plus grands violoncellistes de son époque. Il est mort en 1964.

2 septembre 1914 « Hier, durant tout le trajet, les populations pressées aux passages à niveau et aux gares n’ont cessé de nous acclamer, les femmes envoyant des baisers, les hommes reprenant avec nous la Marseillaise et le Chant du départ. Pourquoi faut-il qu’une angoisse sourde m’étreigne le cœur ? Si c’était en manœuvre, ce serait très amusant ; mais voilà, après-demain, dans 3 jours peut-être, les balles vont pleuvoir et qui sait ? Si j’allais ne pas revenir, si j’allais tuer ma mère, assassiner ma mère, volontairement ? Oh, que m’est-il réservé ? Pardon Maman ! J’aurais du rester, travailler mon violoncelle pour vous, pour vous qui avez fait tant de sacrifices, pour petite mère, déjà malade ! ».

J’ai choisi cette lettre car elle m’a touché, quand il dit que la mort approche et que dans 3 jours il y aura des coups de fusils. On sent sa peur. Il a peur que sa mort rende trop triste sa maman. J’ai découvert qu’il aimait jouer de la musique avant de partir à la Guerre.

Jordan, collège de Perharidy

Centenaire de l’armistice

Il y a 100 ans prenait fin la première guerre mondiale.

Pour rendre hommage à ceux qui vécurent la guerre des tranchées et transmettre leur parole, j’ai choisi de vous présenter la lettre de Pierre

Pierre, 26 novembre 1916, Verdun « Ma bien-aimée, Je n’ai pas eu beaucoup d’occasion pour vous écrire depuis mon retour sur le front mais si je vous écris en ce jour c’est pour vous expliquer la dureté et la violence de cette guerre. La bataille de Verdun est la pire que j’ai connue, non seulement physiquement car nous sommes restés huit jours sans dormir mais aussi mentalement : la puanteur des cadavres est devenue insupportable et je ne souhaite à personne de voir ce que j’ai pu voir ; nos amis, nos pères, nos frères, ils sont morts sous nos yeux et il n’y a pas de mot pour décrire cela. Les maisons, les écoles, les églises, il ne reste plus rien, tout a été ravagé, saccagé par les marmites, les arbres aussi sont maintenant inexistants. Il n’y a en fait plus aucune vie à cet endroit car tuer des êtres humains ce n’est pas une vie… S’ajoutent à cela, la boue, le froid, la pluie et malheureusement nos compagnons allongés sur le sol… Il devient impossible de marcher dans notre nouvelle et peut-être dernière « demeure »… Il faut lutter pour survivre, prier pour que les rats ne mangent pas le peu de pain que l’on peut avoir, que les poux n’envahissent pas notre corps ou encore que la boue ne s’incruste pas dans le petit bol de soupe que l’on a. Le plus dur à supporter je pense est le froid ; le manque de chaleur est irremplaçable, les couvertures que l’on peut nous donner sont grignotées par les rats. L’hygiène est aussi déplorable, si vous saviez ce que je donnerais pour prendre une douche ! Il faut aussi que l’on porte des masques à gaz, j’ai entendu dire que les civils aussi en portaient ? Cela est préférable, nous lançons désormais du gaz sur l’ennemi, plus efficace d’après là-haut… Je dois vous avouer que je n’ai plus beaucoup d’espoir en ce qui concerne la liberté, je n’ai même plus du tout d’espoir. Je souffre… Comment vais-je survivre ? Je n’y arriverai pas. Votre présence me manque énormément. Mon sang coule encore et encore… Pourquoi en suis-je arrivé là ? Embrassez bien mes parents pour moi et les vôtres aussi, dites-leur bien que je suis sincèrement désolé de ne pas être revenu. Embrassez aussi ma petite Juliette et dites à Jean que son père était un héros. Et vous, ma douce, je suis malheureux de vous faire mes adieux sur un bout de papier, restez forte, ne m’oubliez pas. Votre amour qui pense à vous et qui vous aime de tout son cœur. Pierre »

J’ai choisi cette lettre car il parlait de choses qui m’ont touché, par exemple que ça faisait plusieurs jours qu’il n’avait pas dormi et qu’il était entouré de cadavres. Il pensait sans arrêt à ses enfants malgré son sang qui coule à flot.

Esteban, Collège de Perharidy

Centenaire de l’armistice

Il y a 100 ans prenait fin la première guerre mondiale. Pour rendre hommage à ceux qui vécurent la guerre des tranchées et transmettre leur parole, j’ai choisi de vous présenter la lettre de Charles GUINANT.

Charles GUINANT, 18 mars 1916, Verdun : « Ma chérie, Je t’écris pour te dire que je ne reviendrai pas de la guerre. S’il te plaît, ne pleure pas, sois forte. Le dernier assaut m’a coûté mon pied gauche et ma blessure s’est infectée. Les médecins disent qu’il ne me reste que quelques jours à vivre. Quand cette lettre te parviendra, je serai peut-être déjà mort. Je vais te raconter comment j’ai été blessé. Il y a trois jours, nos généraux nous ont ordonné d’attaquer. Ce fut une boucherie absolument inutile. Au début, nous étions vingt mille. Après avoir passé les barbelés, nous n’étions plus que quinze mille environ. C’est à ce moment-là que je fus touché. Un obus tomba pas très loin de moi et un morceau m’arracha le pied gauche. Je perdis connaissance et je ne me réveillai qu’un jour plus tard, dans une tente d’infirmerie. Plus tard, j’appris que parmi les vingt mille soldats qui étaient partis à l’assaut, seuls cinq mille avaient pu survivre grâce à un repli demandé par le Général Pétain. Dans ta dernière lettre, tu m’as dit que tu étais enceinte depuis ma permission d’il y a deux mois. Quand notre enfant naîtra, tu lui diras que son père est mort en héros pour la France. Et surtout, fais en sorte à ce qu’il n’aille jamais dans l’armée pour qu’il ne meure pas bêtement comme moi. Je t’aime, j’espère qu’on se reverra dans un autre monde, je te remercie pour tous les merveilleux moments que tu m’as fait passer, je t’aimerai toujours.Centenaires armistice »

J’ai choisi cette lettre car elle m’a touchée et bouleversée à cause de sa tristesse et de sa franchise. Il annonce à sa femme que dans quelques jours il va mourir. Charles a été touché au pied gauche par un obus, sa blessure s’est infectée. De son point de vue, l’attaque était une boucherie absolument inutile. Sa bien aimée est enceinte suite à sa dernière permission, le soldat lui demande de dire à son futur enfant de parler de son père comme d’un héros. Il ne connaîtra pas le bonheur d’être père. En faisant des recherches, j’ai découvert que Charles Guinant n’était pas mort en 1916 suite à sa blessure car j’ai trouvé une autre lettre de lui datant de 1918. Mais je ne sais pas quand il est mort ni s’il a eu la chance de connaître son enfant.

Lutèce, collège Perharidy